Il sortit, en ayant soin de prendre mon adresse.
Quand il fut parti, Mme Alphonse me dit:
—Vous avez joliment bien fait de saisir la balle au bond; vous y gagnerez toujours une chose, c'est d'apprendre à monter à cheval avec le premier maître d'équitation de Paris. C'est un homme bien remarquable que M. Laurent Franconi; personne ne le remplacera: il vous fera faire en un mois ce qu'un autre ne vous ferait pas faire en un an.
Tout fut arrangé et signé le lendemain. Ma pièce finissait à Beaumarchais; je quittai le théâtre.
On dit qu'un malheur n'arrive jamais seul; je crois qu'il en est de même des bonheurs de la vie.
Je me sentais toute joyeuse; je courus chez Lise avec un heureux pressentiment. Il ne me trompait pas; elle était revenue: on l'avait mise en liberté la veille au soir. Elle était si honteuse qu'elle ne voulait voir personne. Je pensai que cette consigne n'était pas pour moi; je montai au deuxième: elle était dans une toute petite chambre sur la cour.
La clef était sur la porte, j'entrai sans frapper. Je la trouvai étendue sur une petite couchette en bois peint, ses bras le long de son corps, la figure tirée, les yeux bordés d'un cercle noir. Elle râlait plutôt qu'elle ne respirait. Je lui pris la main; cette main était froide.
—Lise! lui dis-je doucement.
Elle ouvrit les yeux et me regarda sans me voir, car elle me demanda:
—Qui est là?