—Oh! tu as peut-être raison. Ernest ne peut pas tarder.

Je pris congé d'elle. Sa mère me fit entrer dans la salle à manger, et me dit:

—Vous qui connaissez ses habitudes, ses amis, vous savez sans doute que ce monsieur Ernest est à Paris? On a envoyé plusieurs fois chez lui, il ne fait pas de réponse. Le médecin qu'il envoyait ne vient déjà plus. Je n'ose pas lui dire cela, elle l'attend toujours. Avant-hier, on est venu pour saisir, du magasin de la Mère de famille. J'ai prié d'attendre. Il s'agit de trois cents francs pour un domino rose; ils reviendront dans quelques jours; je ne sais comment faire.

—Il faut éviter cela; je vais y passer.

Elle fut enchantée et me permit de venir voir Lise quand je voudrais.

J'allai dire à ce magasin que je répondais de la dette; que s'il arrivait un malheur et que Lise mourût, son mobilier serait plus que suffisant pour payer tout le monde; que jusque-là on voulût bien attendre.

La dame me le promit; je retournai quelques jours plus tard chez Lise.

—Oh! te voilà! Je suis bien mieux, va! J'espère sortir dans quelques jours. J'ai bonne mine, n'est-ce pas?

Je répondais oui sans la regarder; elle était plus mal que jamais.

Sa mère entra et me dit: