—Elle va bien, lui dis-je, je voudrais être à sa place... Et je montai toute triste dans ma chambre.

Le lendemain, je retournai chez Lise. J'avais rêvé d'elle toute la nuit: je la voyais habillée pour un bal; ses fleurs étaient noires.

En entrant, j'interrogeai son concierge du regard; il me fit un signe de tête qui voulait dire:

«Tout n'est pas fini, mais ça ne tardera pas.»

Je montai ses trois étages sans respirer. J'allais sonner, quand j'entendis rire, parler. Je frappai; sa sœur vint m'ouvrir, une serviette à la main; j'entrai dans la salle à manger, je vis des huîtres, du vin blanc: on déjeunait gaiement dans l'antichambre de la mort.

Je fus indignée.

—Elle va donc mieux? dis-je en regardant ce festin.

—Oui, me répondit sa mère, elle repose, laissez-la.

—Si elle repose avec le bruit que vous faisiez tout-à-l'heure, il faut qu'elle dorme du dernier sommeil. S'est-elle confessée?

—Oui, elle a vu son père hier; cela l'a rendue heureuse; elle a demandé pardon à sa sœur.