Je fus au cimetière huit jours après, espérant trouver une pierre, un entourage. Rien. Pourtant sa mère avait, en payant quinze cents francs de dettes, pris la succession, qui valait bien quinze mille francs.

Je pensai qu'elle n'avait pas eu le temps de s'occuper encore de ces soins.

Je revins au bout de dix jours. Rien.

On avait abandonné la morte, comme on avait abandonné la malade.

Je commandai un entourage en fer, un mausolée en marbre, avec ces deux lignes:

Ici repose Lise..... née le 22 février 1825, morte le 8 décembre 1846. Son amie, Céleste.

J'étais allée chez Montji. Il m'avait donné son portrait, moyennant deux cents francs, au lieu de trois cents, qui étaient le prix convenu. Il n'était pas heureux et me fit ce sacrifice parce que j'étais l'amie de Lise.

C'est le portrait que l'on a vu chez moi.

Ces dépenses me gênèrent beaucoup, mais je les fis sans regret. Deligny m'aida encore en cette circonstance: il était vraiment bon.