Il fallait rompre, je n'en avais pas le courage; tâcher d'oublier à tout prix. Robert perdit beaucoup d'argent; j'en fus contente.

Un de ses amis disait près de moi:

—Il est fou, ce Robert! Je ne sais comment il peut faire: il doit beaucoup, son père est jeune; il sera ruiné avant d'hériter.

Cela me fit plaisir. Un secret pressentiment me disait que sa ruine le rapprocherait de moi.

Le lendemain, il y avait des courses à Versailles; on ne se coucha pas. A six heures du matin, un break attelé de quatre chevaux était à la porte, avec d'autres voitures, que ces messieurs avaient demandées.

Une calèche restait vide.

—Voulez-vous venir? me dit Robert.

J'avais envie de refuser, mais je n'en eus pas le courage.

Je montai malgré moi pour le suivre des yeux: les courses finies, il vint me dire adieu; il partait pour Saint-Germain, où il avait affaire. Mais il me promit une visite pour le lendemain.

Ses amis, qui savaient à merveille quelle sorte d'affaire l'attirait à Saint Germain, voulurent lui faire une plaisanterie et nous invitèrent, Lagie et moi, à dîner à Saint-Germain.