Selon elle, j'étais folle de me tourmenter ainsi.
Il me sembla que Frisette était plus sage que moi, et qu'elle devait avoir raison.
Je pris confiance, et je rentrai un peu plus calme.
Deux amis de Robert vinrent me voir quelques jours après.
—Eh bien! me dit l'un d'eux, Robert vient d'hériter; c'est une bonne affaire pour vous!
—Bonne affaire pour elle? ce n'est pas sûr, dit l'autre, qui s'appelait Georges; il va partir faire son deuil à la campagne, et puis, il faut qu'il pense à se marier.
—Vous l'avez donc vu?
—Oui, à l'église, reprit le premier; il m'a fait de la peine: il était pâle, ses yeux étaient rouges. Il aimait beaucoup son père; mais c'est ce qui pouvait lui arriver de plus heureux.
—Est-ce que c'est jamais heureux de perdre son père? dit Georges en le regardant.
—Dame! quand on a des dettes! Son père avait quatre cent mille livres de rentes; mais il laisse quatre ou cinq enfants... Robert aura cependant une belle fortune. Il ne faut pas lâcher cela, Céleste.