Trois jours après le départ d'Augustine, Marie m'apporta une lettre qu'elle venait de recevoir, et qu'elle ne comprenait pas. Il y avait sur l'adresse: «A mademoiselle Marie, chez mademoiselle Céleste.» En tête de la lettre, il y avait: «HOSPICE DE L'HOTEL-DIEU.»

»Mademoiselle, veuillez passer, sous les vingt-quatre heures, reconnaître une personne nommée Augustine... décédée, hier à quatre heures du soir.»

Je lisais bien, mais je ne comprenais pas non plus; il devait y avoir une erreur. Je dis à Marie d'aller voir de suite ce que cela signifiait; qu'il n'était pas possible que sa sœur fût morte.

La pauvre fille paraissait folle; elle me pria de l'accompagner. Je n'osai lui refuser.

Nous prîmes une voiture. Arrivées à l'Hôtel-Dieu, je présentai la lettre; on nous conduisit dans un bureau: c'était bien elle que l'on demandait.

Une jeune fille avait été amenée, l'avant-veille, et était morte le lendemain.

Du reste, dit le garçon de salle, vous allez la reconnaître.

—Allez, lui dis-je, je vais vous attendre là.

—Ah! madame, criait-elle, ne me quittez pas, venez avec moi.

—Voyons, ma fille, du courage, ne pleurez pas comme cela, vous me faites mal, je vais avec vous.