—Je suis fâchée d'être venue; il me fait de la peine...

Son ami Gustave était auprès de lui: une mère n'aurait pas eu des soins plus attentifs. Je voyais sur cette bonne figure passer tous les nuages de l'inquiétude.

—Alphonse, à quoi donc pensez-vous? Vous oubliez que vous nous avez promis d'être gai; le moment est venu de faire chanter la reine Pomaré.

L'intention était assurément très-bonne; mais il avait parlé très-haut: Lise l'entendit, et trouvant sans doute cette façon de disposer d'elle un peu cavalière, elle fronça les sourcils. M. Gustave vint à elle, l'air riant et sans se douter le moins du monde de ses dispositions.

—Voulez-vous, mademoiselle, être assez aimable pour nous chanter quelque chose?

Non, dit Lise assez sèchement; je suis beaucoup moins drôle que vous ne croyez.

M. Alphonse R.... vint se joindre à son ami, d'une manière si gracieuse, qu'il m'eût semblé de mauvais goût de se faire prier davantage.

—Oh! dis-je à Lise, tu ne peux plus refuser.

—C'est donc pour vous? dit-elle à Alphonse, qui approcha son fauteuil du piano.

Elle chanta avec un entrain, une verve incroyables. Alphonse avait ouvert les yeux et les oreilles; cela paraissait l'amuser beaucoup; Gustave fit mille tendresses de reconnaissance à Lise, qui venait de faire rire son cher ami.