—Pourquoi?

—Pour lui demander si elle veut la paix ou la guerre.

Hermance s'acquitta de la commission que je lui avais donnée. Je vis à l'accueil qui lui était fait que Mlle Lagie me trouvait bien osée. Je dressai mes batteries en conséquence.

Au bout de huit jours, je l'avais tellement raillée, persifflée, ennuyée, qu'elle m'invita à dîner. C'était une gâcheuse qui achetait à tort et à travers et qui menait grand train.

Un fils d'Albion lui jetait une pluie d'or; elle ne s'inquiétait pas si le soleil se lèverait le lendemain. Rien n'était assez beau pour elle. Ses dîners étaient somptueux; aussi avait-elle force amis. Elle s'entourait d'un tas de pique-assiettes qui approuvaient chaque bêtise faite ou dite par elle.

Ce jour-là, il y avait beaucoup de monde. On sonna pendant qu'on servait le potage; elle fit signe à tous les convives de se taire; elle craignait que ce ne fût son Anglais.

Au lieu d'obéir à son invitation, quelques loustics se mirent à chanter à tue-tête:

Guerre aux tyrans!

Jamais, jamais en France,

Jamais l'Anglais ne règnera.