Il y avait tant de grandeur, d'élévation dans cette lettre, que je voulais le voir, lui demander pardon!...

Il refusa de me recevoir... Je crus qu'il avait une maîtresse, et je me moquai de ma crédulité.

Le duc était revenu à Paris. Il ne ressemblait en rien à H... et ne me fatiguait pas de son amour.

Pour lui j'étais à la mode... Il était riche: les nouveautés lui revenaient de droit. Je demeurais si haut, il avait le pied si petit, que pour lui complaire, je fus obligée de déménager. J'allai demeurer au second, 5, rue de l'Arcade, douze cents francs de loyer.

Dans mon nouvel appartement, il y avait un salon, tout meublé en velours, par parenthèse; dans ce salon, il y avait un piano. Ce piano fut cause que je pris un maître.

C'était un nommé Pederlini, Italien, d'une patience... Je n'ai jamais été assez riche pour le récompenser comme il l'aurait mérité...

Le duc venait me voir tous les deux ou trois jours... Il ne m'adressait pas quatre paroles.

Je ne sais vraiment pas pourquoi il me continua ses visites. Je crois que c'est parce que ses amis pensaient grand bien de moi, venaient me voir souvent, et lui disaient: «Quand elle vous ennuiera; nous nous disputons à qui vous succédera.» Par esprit de contradiction, il les faisait attendre.

J'allais quelquefois à l'Opéra, où je m'ennuyais toujours. Mon maître de piano me raconta qu'un de ses compatriotes allait débuter; qu'il avait une voix magnifique; que seulement il avait beaucoup de mal parce qu'il ne parlait pas français; qu'on lui apprenait par cœur la Lucie... C'est moi qui l'accompagne. Je lui parle souvent de vous; il voudrait bien vous connaître.

—Bah! et pourquoi cela?