—Mais parce que les Françaises ont un grand charme pour lui... et puis, parce qu'il vous a vue à l'Hippodrome!...
—Eh bien, alors, s'il m'a vue, il doit être satisfait!...
—Oh! il paraît que non, puisqu'il voudrait que je le présentasse, sans doute pour causer avec vous.
Je fis une fausse gamme qui m'écorcha les oreilles.
—Bon, je fais des bêtises, et, vous, vous en dites. Quelle conversation voulez-vous que j'aie avec votre ami? Vous m'avez dit tout-à-l'heure qu'il ne savait pas un mot de français. Est-ce que vous croyez que je vais chanter la Lucie pour me faire comprendre?
Mon professeur était timide; il ne m'en parla plus.
—Eh bien, lui dis-je après ma leçon, amenez-moi votre chanteur; vous lui servirez d'interprète. Venez sur les midi, une heure; je suis toujours seule.
—Voulez-vous demain? me dit-il en sautant de joie.
—Quel enfant vous faites!... Eh bien! soit, à demain...
En me réveillant, je me fis à moi-même reproche d'avoir consenti. J'étais payée pour me défier des artistes... mais l'isolement où me laissait le duc me pesait. Je m'ennuyais, et, quand on s'ennuie, on accepte plus facilement l'occasion de faire de nouvelles connaissances.