Il chercha à se rattraper au troisième acte; la voix lui manqua: l'émotion de ses débuts lui avait donné un enrouement subit.

A la fin de la pièce, je le crus mort pour tout de bon, tant il avait râlé son finale.

Cela me fit beaucoup de peine. Il était si beau garçon qu'avant d'avoir ouvert la bouche il avait déjà des ennemis dans la salle.

On ne siffla pas, mais on riait; peu de gens furent indulgents. Il avait un accent; on l'appelait Gascon, Auvergnat.

Il s'agissait pour lui de quarante mille francs par an s'il réussissait!

Je compris combien il devait avoir de peine, et je lui fis dire que je prenais une grande part à ce qui venait de lui arriver, mais qu'il ne fallait pas se décourager, qu'il avait encore deux débuts.

Pederlini me l'amena le lendemain. Je ne le trouvai pas trop démonté. Je lui indiquai les mots qu'il avait mal prononcés; je les lui fis répéter plusieurs fois.

—Puisque vous avez commencé, il faut continuer, dit Pederlini en riant; je suis sûr qu'il fera de grands progrès avec vous.

B... paraissait de cet avis, car il venait prendre jusqu'à deux leçons par jour.

A son second début, j'étais pâle comme une morte; j'avais mal aux nerfs; je tremblais pour lui.