—Ah! pardon, monsieur, de vous déranger, mais cette détonation...

—Ce n'est rien, dit Richard, je jouais avec mon pistolet, la détente est si douce que le coup est parti malgré moi.

Quand il fut sorti, Richard regarda mon portrait. La balle avait déchiré le front. Puis se retournant de mon côté, il me dit:

—Voyons, puisque vous ne voulez pas que je me tue, qu'est-ce que vous pouvez pour me faire supporter la vie?

—Je peux vous jurer, Richard, que je suis votre amie la plus dévouée. Si je vous avais rencontré plus tôt, comme je vous aurais aimé! Mais, que voulez-vous? on suit sa destinée, on ne la fait pas! Patientez un peu. Tout cela changera d'ici à quelques jours; peut-être pourrons-nous partir ensemble? Nous ferons un grand voyage, si vous le voulez; mais ne me désespérez pas, je viendrai vous voir.

—Vous me le jurez, Céleste?

—Oui, soyez raisonnable.

—Je vous le promets; quand reviendrez-vous?

—Après-demain.

Je rentrai chez moi tout émue de cette scène. Robert me regardait les yeux, il cherchait à lire dans mon âme...