Robert sortit, me lançant un regard plein de mépris qui me retourna jusqu'au fond du cœur.

Je priai Richard de me laisser seule.

Maria arriva. Elle fit son possible pour me consoler. Un malheur était devant moi, je courais au-devant de la pensée.

Si Maria avait un ridicule, elle avait des qualités.

Elle vint plusieurs jours me voir et tâcha de chasser mes tristes idées par de bonnes paroles.

Robert, pour sauver son amour-propre, qu'il croyait engagé dans cette rencontre chez moi, chercha une femme avec laquelle il pût se montrer dans les endroits publics. Il trouva, dans une table d'hôte, une provinciale qu'un monsieur avait amenée à Paris, moyennant une somme de... Il lui offrit le double de ce que l'autre avait promis. Elle savait qu'il avait une maîtresse qu'il aimait, qu'elle allait servir à rendre une autre femme jalouse; elle accepta ce rôle et le remplit avec impudence. La vérité me force à dire qu'elle était jolie.

Richard venait à chaque instant me dire: J'ai rencontré votre Robert avec sa maîtresse. Il aurait dû mieux vous remplacer.

Il ne comprenait pas le mal qu'il me faisait.

Maria, de son côté, venait me dire:—Ah çà, votre Robert est fou. Il sort avec une femme, en voiture découverte, et quelle femme encore! elle a la tournure d'une botte de paille.

Tous frappaient à la même place et en même temps. La douleur ne pouvait pas être plus forte, il fallait que le fiel qu'on me versait au cœur débordât sur quelqu'un.