—Il faut absolument que vous alliez voir M. J...; il est mal disposé pour vous.
—Dame! que voulez-vous que j'y fasse, s'il ne m'aime pas, je ne puis forcer son goût.
—Si, me dit-il, il faut y aller dans l'intérêt de la pièce, il vous recevra bien.
—J'en doute, je n'ose pas...
—Si, si, reprit M. C..., faites-le pour moi.
—Eh bien, pour ne pas vous désobliger; j'irai.
Je fus le même jour chez Amanda qui le connaissait beaucoup, puisqu'elle était toujours dans sa loge les jours de première représentation. Je la priai de me recommander à son ami. Hélas! j'oubliais que je l'avais obligée, et qu'à partir de ce jour-là, elle ne pouvait plus me souffrir, c'est l'usage. Elle n'en fit rien, ou fit le contraire.
J'entrai citez M. J..., le cœur décroché d'avoir monté ses cinq étages, et terrifiée de peur à l'idée de me trouver en face d'un si grand écrivain. Il me reçut en parlant à son perroquet avec qui il continua la conversation.
Je perdis contenance, et il me fallut bien des efforts pour lui dire:
—Monsieur, je sais que vous êtes prévenu contre moi. Mon passé me condamne dans votre opinion; pourtant, je voudrais travailler sérieusement le théâtre; votre jugement a tant de poids, je viens vous supplier de ne pas dire de mal de moi. Plus tard, si à force de travail j'arrive, je vous remercierai de ne pas m'avoir écrasée au départ.