—Ah! me dit-il, mademoiselle, j'en suis fâché, mon feuilleton est fait, et d'ailleurs je ne passerai certainement pas sur le mot: Il faut du chique pour les pincer, que vous dites dans votre rôle.
—Mais, monsieur, ce n'est pas moi qui ai fait la pièce.
Son air glacial m'avait bouleversée, et je sentis des larmes rouler dans mes yeux.
Il me trouva sans doute ridicule; mais il fit des changements à son feuilleton. Je l'avais échappé belle.
Victorine vint me voir le lendemain.
—Ah! ma chère, me dit-elle, vous vous êtes fourrée en enfer; quand il faut vivre avec les journalistes, avec les auteurs, avec les acteurs, autant vaudrait prendre un billet de logement à la barrière du Combat, dans la niche des chiens. On serait moins mordu, moins déchiré.
—Connaissez-vous Vervenne, qui a été un peu au Vaudeville, il y a quinze ans? Elle m'a dit l'autre jour qu'elle était engagée aux Variétés. Je vous la recommande, celle-là; si jamais elle vous fait une méchanceté, ce qui pourrait arriver, demandez-lui de montrer devant tout le monde le bas de ses jambes, et vous serez vengée. Un jour je suis allée la voir, on m'a fait attendre une heure; j'allais m'en aller, quand sa femme de chambre me dit mystérieusement:—Attendez encore cinq minutes, madame finit de sécher.
—Comment, sécher?
—Oui, madame fait sa figure avec du blanc liquide, alors faut qu'elle sèche.
Robert, depuis mon entrée au théâtre, était venu plusieurs fois à Paris. Il avait vainement cherché à me remmener.