—Monsieur, je viens vous prier de me donner un laisser-passer pour aller rue Saint-Louis, au Marais.

—Mais c'est impossible, on ne circule pas; et puis, on se bat par là, vous n'arriveriez pas.

—Oh! si, monsieur, j'arriverai, si vous me donnez un laisser-passer. Ma mère demeure par là; sa maison est une de celles sur lesquelles on a tiré ce matin; la bataille se resserre du côté du faubourg Saint-Antoine... J'arriverai... Je vous en supplie, donnez-moi un laisser-passer, je vous le rapporterai dans deux heures.

Les larmes me tombèrent des yeux, je ne pouvais plus les retenir. Il y avait dans son cabinet deux messieurs, qui portaient à la boutonnière des rubans brodés pareils.

—Elle est courageuse, dit l'un d'eux, donnez-le-lui. Elle est inquiète de sa mère, c'est bien naturel.

—Tenez, me dit le commissaire qui me tendait un papier, soyez prudente, prenez par les rues.

—Merci, mille fois merci! monsieur.

En bas, je trouvai Marie, qui m'avait suivie.

—Allez-vous-en, lui dis-je, je ne veux pas vous exposer.

—Non, je ne veux pas m'en aller... je vous suivrai malgré vous.