—J'ai écrit, on m'a arrêté un appartement, cité d'Antin; je vais y descendre.

Il m'avait caché tout cela; il y avait donc une arrière-pensée dans ce voyage.

—Voyons, Robert, dites-moi la vérité; vous ne savez pas mentir, vous êtes trop loyal. Pourquoi venez-vous à Paris?

—Je viens à Paris pour vous y ramener, Céleste. Je ne veux pas vous quitter, mais je dois le laisser croire; il faut que j'aille dans le monde, mes parents le désirent. Vous irez au bal de votre côté; nous voyant ainsi l'un sans l'autre, on croira notre liaison rompue; vous viendrez tous les soirs, en vous cachant. Il faut arranger toutes vos affaires chez vous, reprendre une domestique. Voilà de l'argent, je vous donnerai cent francs toutes les semaines.

Mon sang bouillonnait; c'était encore une rupture.

—Eh bien! je ferai ce que vous dites; il y a un bal au Jardin d'Hiver, samedi: j'irai.

J'avais demandé une femme de chambre qui sût faire les robes; une se présenta, je la regardai à peine.

—Savez-vous travailler, faire les robes? je vous préviens que j'ai beaucoup à faire; j'arrive de la campagne, je n'ai rien à me mettre, et je vais au bal samedi.

Elle n'était pas causeuse.

—Si madame veut m'essayer, elle verra si je lui conviens.