Seulement, ne voulant pas m'en rapporter à moi, je consultai Victorine.
—Comment le trouves-tu? crois-tu qu'il soit assez bien pour rendre Robert jaloux? il est si parfait, lui!
Je ne puis m'empêcher de rire, en pensant au sérieux avec lequel Victorine procéda elle-même à son examen. Décidément, elle était digne de ma confiance.
—Certainement, me dit-elle, il est très-bien. Il faut que Robert le voie.
Mon danseur me demanda la permission de m'envoyer des fleurs, parce qu'il avait abîmé mon bouquet en dansant.
Je ne dis pas positivement non, ce qui, dans tous les mondes possibles, je crois, de la part d'une femme, veut dire oui.
L'adroite Victorine comprit ma réserve, et quelques instants après, elle trouva moyen dans la conversation d'apprendre mon adresse à mon amoureux, qui ne doutait déjà plus de son succès.
La patience de Victorine, du reste, était à bout.
—Quelle corvée je fais pour vous, ma chère! je m'ennuie ici à périr; je ne connais personne: je ne peux pas dire du mal de gens que je ne connais pas.
—Voulez-vous partir?