—Ah! oui, me dit-elle en se levant avec enthousiasme!
J'étais tellement absorbée par le souvenir de Robert, que je ne pensais pas à ma belle croix qui avait pourtant attiré bien des regards envieux.
Au moment où nous prenions nos sorties de bal au vestiaire, beaucoup de personnes entraient.
—Ah! dit Victorine, nous nous en allons au plus beau, regardez donc ces deux coiffures; l'une ressemble à un potager, l'autre à une autruche.
—Tenez, regardez celles-là, en revanche, comme elles sont jolies!
Mmes Doche et Plumket entraient, coiffées de couronnes de pâquerettes avec des toilettes charmantes. Ozy les suivait.
—Oui, elles sont bien mises, mais la couronne ne fait pas le nez.
—Oh! Vous ne dites pas cela pour Mme Doche; regardez-la donc.
—Oh! je n'ai pas besoin de la regarder, voilà vingt-cinq ans que je la vois.
Rentrée chez moi, je repensai au Berri, où je venais d'être si heureuse d'abord, si triste plus tard. «Comme ce souvenir est préférable à ces faux plaisirs que je viens de voir, me disais-je en ôtant ma couronne!» Et j'avais envie de pleurer. La fin de la nuit me parut longue; je fus agitée. A midi, je reçus un magnifique bouquet de violettes de Parme entouré de camélias blancs et une carte. C'était mon jeune homme de la veille qui demandait la permission de venir me faire une visite à quatre heures. J'hésitai; puis me rappelant ce que Victorine m'avait dit, je répondis oui.