—Ouvrez, ouvrez! dis-je au concierge... Lui, lui, dans un pareil moment!... Oh! Robert, pourquoi êtes-vous venu à Paris? j'étais si contente de vous savoir en Berri!
—Je puis repartir, si je vous gêne!
—Me gêner!... ah! c'est juste! une bonne pensée ne m'est pas permise!... je pensais à votre sûreté avant le bonheur que j'avais de vous avoir près de moi... c'est invraisemblable, n'est-ce pas?
—Non, ma chère enfant; je ne savais pas ce qui se passait! Je suis parti hier de Châteauroux. En arrivant à la gare, je n'ai pu trouver de voiture; j'ai apporté ma valise sur mon épaule, et me voilà.
Le lendemain de son arrivée, il alla rejoindre la première légion de la garde nationale. Cela faillit me rendre folle d'inquiétude. Le poste de la Madeleine fut brûlé! On avait laissé dans ce poste de la poudre et des fusils chargés qui faisaient explosion à chaque instant.
Robert rentra à cinq heures, noir de poussière, épuisé de fatigue. Il avait aidé à défaire des barricades.
Un grand bruit se fit entendre sous mes fenêtres! j'allai voir.
Environ cent hommes, proprement mis, l'air assez raisonnable, étaient réunis et discutaient quelque grave question, sans doute soulevée par les événements.
Enfin le oui, oui, l'emporta; tous se dirigèrent à la station des voitures et mirent le feu à la petite loge de bois qui sert au gardien.
C'étaient les cochers du quartier qui s'amusaient, exactement comme à Lyon. Là-bas, c'était l'octroi.