J'en pris du dépit et j'allais m'éloigner, quand le plus petit, qui était son cousin, m'arrêta et me dit:
—Mademoiselle, vous dansez à ravir, et, si je n'étais pas si mauvais danseur, je vous engagerais.
—Eh bien, monsieur, invitez-moi, vous ne connaissez peut-être pas votre mérite; je vous accepte avec plaisir. Il m'offrit son bras, tout radieux.
J'espérais que son ami allait le suivre; pas du tout. Pendant la contredanse, je lui dis:
—Vous aviez tort de ne pas oser m'inviter, je vous devais bien quelque chose pour la manière dont vous m'avez défendue. Ce monsieur, là-bas, ne m'aime guère; il ne veut même pas m'accorder les cheveux.
—Oh! vous avez entendu? C'est un maladroit! Il ne sait ce qu'il dit.
—Pourquoi donc cela? Il a probablement raison de me trouver laide. Les goûts sont libres; mais il va contre moi jusqu'à la haine, jusqu'à l'antipathie!...
—Quelle folie, madame! Puisqu'il est assez malheureux pour que ses folles paroles soient arrivées jusqu'à vos oreilles, je vais vous l'amener pieds et poings liés; il faut qu'il vienne s'excuser.
Je voulus le retenir, mais il m'échappa.
A la pantomime qui se jouait de loin, je vis bien que l'autre se défendait; mais le petit était têtu et me l'amena.