—Faites partir l'enfant sans qu'elle la voie; il ne faut pas l'approcher de son lit.
On ne peut pas enlever un enfant à sa mère sans qu'elle l'embrasse.
Je cherchais ce que je pourrais faire.
—Adèle, dis-je à mon Allemande, allez me chercher du camphre en poudre.
J'en mis dans les langes de ma petite filleule, dans son bonnet, dans son fichu, et je la donnai à sa mère pour qu'elle lui fît ses adieux.
Elle la prit dans ses bras, la serra contre sa poitrine, et, collant ses lèvres sur sa figure, ne bougea plus.
Je tremblais, car son souffle fiévreux pouvait l'empoisonner en l'enveloppant. Je me penchai sur le lit et la lui retirai.
—Vous allez l'étouffer. C'est à moi aussi, et puis il faut qu'elle parte.
Elle me laissa faire sans résistance. L'enfant partie, je me sentis plus à mon aise.
J'allai coucher chez Victorine.