—Tenez, Richard, allez chez vous, j'irai vous voir demain.

—Vous me renvoyez.

—Non, mon ami, je vous prie de me laisser seule, je suis souffrante.

Il se répandit contre moi en reproches, hélas! trop justes. Mais je n'étais pas disposée à les entendre.

Sa résistance me fatigua. J'ordonnai ce que je venais de demander. Il parut désolé, je n'y pris pas garde; j'étais aussi malheureuse que lui.

Robert était à Paris et n'avait pas cherché à me voir! Je ne lui avais même pas laissé un souvenir d'amitié; pourquoi? Que lui avais-je fait? J'eus vingt fois l'idée de prendre mon chapeau et d'aller courir les rues jusqu'à ce que le hasard me fît le rencontrer.

Ma bonne, qui montait, m'apporta une lettre; elle était de Robert, et contenait ces mots

«Je viens passer quelques jours à Paris: si vos occupations de théâtre ne vous retiennent pas trop, venez me serrer la main, je demeure rue Royale, et vous offre à dîner; si vous ne pouvez accepter, venez toujours cinq minutes, j'ai à vous parler.»

Je pris un petit fiacre et me rendis chez lui. C'était peut-être bien une faiblesse, mais la passion peut-elle inspirer autre chose?

Son appartement était à l'entre-sol, je vis sa figure derrière un rideau, il m'attendait.