J’arrange tous mes outils et affaires et vais laver dans le milieu de la rivière quelques seaux de terre pris dans le lit même.
Cela rend quelques grains d’or, mais très-peu.
Je me couche très-fatigué, espérant dormir; mais l’orage arrive avec un torrent de pluie qui perce la tente de tous côtés.
Vilaine nuit pour la première que je passe tout seul.
Après une nuit épouvantable, trempé et mouillé jusqu’aux os, je me lève dans la plus sombre disposition d’esprit.
La matinée toujours mauvaise, impossible de travailler.
A midi, le temps s’élève un peu; je m’établis sur un seau et j’écris une longue lettre à Céleste, avec le résumé de ce journal.
Je lui envoie le peu d’or que j’ai ramassé ainsi qu’une bruyère cueillie pour elle dans la forêt pendant le voyage de Sidney à Bathurst.
Son souvenir et sa figure ne me quittent même pas pendant mon sommeil.
Mon Dieu, ayez pitié de moi! donnez-moi l’oubli ou le courage du suicide. Mais non! je suis lâche parce que j’espère la revoir.