Ah! Céleste, que Dieu vous pardonne, mais je vous plains.
ROBERT.
Après la lecture du récit de ses souffrances, je m’enfermai chez moi, ne voulant voir personne.
Ma douleur était si grande, mes larmes si amères, qu’on ne les aurait pas comprises.
Pauvre Robert, lui, habitué à la fortune; lui, d’un caractère à qui tout devait céder; impétueux, fier, il était réduit à cette position voisine de la mendicité.
Je le trouvais grand dans sa misère et je l’admirais en rougissant de moi-même.
Une idée traversa ma pensée comme un éclair traverse le ciel; c’est qu’à mon tour, je pourrais lui rendre un peu du bien qu’il avait voulu me faire lorsqu’il était riche.
Cette grande infortune me faisait tout oublier.
Je me maudissais, j’aurais voulu lui ouvrir mon cœur, je me sentais redevenir bonne en pensant à lui; j’étais fière de son amour.
J’oubliais tout le mal pour ne me souvenir que du bien qu’il m’avait fait, et après l’avoir exilé de mon cœur et ne lui avoir écrit que pour le consoler, je lui rendis la place qu’il avait perdue.