»Puisque tu m’as aimée et dis m’aimer encore, je veux espérer, j’ai besoin de cela pour ranimer mon courage abattu par la maladie, le dégoût, les fatigues et l’ennui.

»Quand je reçois de tes nouvelles, je pleure toujours, mais ces larmes sont douces, car ton souvenir les console.

»Si loin que tu sois, mon âme est à toi; ma pensée, mon amour t’enveloppent.

»Tu dis que j’ai fait ton malheur.

»Eh bien! je l’aurai fait sans faire mon bonheur.

»J’ai bien souffert, va, mais je ne suis pas à ta hauteur et je ne veux plus chercher de repos ni de consolations; je vivrai dans mes larmes pour me punir de t’avoir méconnu, et je finirai par la retraite ou le suicide.

»Garde-toi, Robert, soigne-toi, car s’il t’arrivait malheur, je mourrais; du reste, ma vie est finie, elle me quittera comme tout ce qui m’a entourée.

»Je sens que mon âme sera errante jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé la tienne.

»Ta famille t’abandonne, dis-tu, je ne puis le croire; mais si cela est, tant mieux, je te défendrai sans elle, et tu seras bien à moi.

»Je te l’ai dit, je crois en toi et j’espère en Dieu; lui seul a pu te donner la force de supporter cette misère.