Je lui embrassai les mains, elles portaient les traces de larges cicatrices à peine fermées.
Il reprit en m’enveloppant de son regard profond:
—Si tu savais comme je t’aime, Céleste! Depuis que je me sais abandonné des miens, je ne lutte plus avec le penchant qui m’entraîne.
—Et moi qui étais si inquiète de ne plus recevoir des lettres de toi, je croyais que tu m’avais oubliée.
—T’oublier! je ne le puis plus.
Il releva sa manche et me montra mon nom et la date de son départ tatoués en encre bleue sur son bras droit.
—Après t’avoir écrit ma dernière lettre, espèce de journal que tu n’auras pas lu, je restai encore trois mois aux mines.
Le courage ne m’a pas fait défaut un seul instant, mais avec le courage, il faut la santé qui donne la force, et je suis tombé dangereusement malade.
On ne peut travailler seul aux mines; comme les autres, je m’étais associé avec un mineur nommé Faubare.
C’était un Français, un ancien matelot qui, je crois, avait déserté son bord.