—J’ai exécuté les ordres de l’avoué de Paris; j’ai fait ce qu’il faisait lui-même, croyant qu’il agissait en vertu d’un droit ou d’un pouvoir quelconque.
Il y avait bien là de quoi effrayer ces messieurs qui, en fait de pouvoirs, n’avaient que ceux qu’ils s’étaient arrogés.
Poussés par la crainte, ils me firent proposer un arrangement plus avantageux pour moi que celui que j’avais sollicité pendant deux ans.
Je refusais alors de sacrifier la moitié de ce que je possédais, comme j’y aurais consenti à cette époque afin d’en finir.
Ils revinrent humiliés, confus, me prier de retirer mes plaintes, m’envoyèrent de leurs amis qui me supplièrent de me désister, m’offrant de me rembourser immédiatement l’argent de mon hypothèque; mais je n’avais pas été la seule victime de ces brutalités sans nombre, et Robert m’obligea à refuser pendant plusieurs jours qui durent leur paraître bien longs.
Si cet argent lui avait appartenu, il l’aurait volontiers sacrifié à l’ombre d’une réparation, mais il comprit qu’il ne pouvait me forcer à un si grand sacrifice, et il me donna carte blanche.
Non-seulement je fus dégagée de la responsabilité qu’on voulait faire peser sur moi, mais encore j’exigeai que le bijoutier reprît pour son compte la créance du jeune homme pour lequel Robert avait si légèrement donné sa garantie.
Puis, leur demandant combien il leur devait personnellement, je leur payai le tout en son nom; la somme s’élevait à 20,000 francs.
Il valait mieux que Robert me les dût qu’à ces vilaines gens qui l’avaient si fort maltraité.
D’ailleurs, Robert m’avait fait part de ses projets.