Malgré le proverbe: «Il faut que jeunesse se passe,» l’homme qui s’est ruiné aussi ostensiblement s’est déclassé aux yeux du monde; il n’inspire aucune confiance aux gens sérieux, et il semble que le présent doive toujours être ce qu’a été le passé.
Avec ce raisonnement souvent injuste, on met d’immenses entraves à des difficultés déjà si difficiles à vaincre pour celui qui commence un apprentissage à trente ans.
Partout Robert se trouvait face à face avec la méfiance et l’incrédulité.
Il sollicita une place, on la lui refusa.
Il chercha des marchandises, on le prit pour un chevalier d’industrie.
Souvent il se rebutait, et il se serait fait sauter la cervelle si je n’avais fait descendre en lui un peu de cette confiance qui m’était rendue, un peu de cette énergique ardeur qui augmentait toujours chez moi en présence des difficultés à combattre.
Enfin, à force de recherches, de persévérance, il trouva un grand négociant qui voulut bien l’aider sans le connaître.
Il l’écouta, le conseilla et lui promit des marchandises pour une somme assez importante.
M. Bertrand (c’est le nom de ce nouvel ami de Robert) était un homme plein de cœur.
Avec son expérience, il devina une grande intelligence, une grande envie de bien faire chez cet homme que l’on croyait incapable.