TRIBUNAL CIVIL DE CHATEAUROUX.
Note pour mademoiselle Céleste, contre M. D...
Un jour la société D...-B... a rêvé qu’elle allait devenir propriétaire du petit domaine du Poinsonnet. Elle ne peut renoncer à cette illusion sans se venger. Elle se venge par des injures ou des révélations étrangères à la discussion. On la dénonce. Rien n’est respecté, ni les regrets, ni les droits. Vous lui ferez justice, mais elle aura été obligée de se confesser publiquement, de dire aux hommes ce qu’elle n’aurait avoué à un confesseur qu’en rougissant et parlant bas.
Aux outrages, mademoiselle Céleste opposera des raisons. Sûre de son bon droit, elle se défendra surtout par le souvenir des faits.
La vivacité des attaques dont elle est l’objet, dans la note publiée sous le nom de M. D..., lui donne apparemment le droit de regarder en face son adversaire, de lui demander qui il est.
Qu’est-ce que c’est que M. D... dans le monde? Nous le dirons tout à l’heure.
Qu’est-ce que c’est que M. D... dans le procès? Rien du tout.
M. D... n’a droit de faire ce procès qu’autant qu’il est créancier. Or il ne l’est plus, il a été complétement désintéressé.
M. D... est porteur d’une hypothèque de 45,000 fr. qui frappe, de la manière la plus utile, sur les biens de M. de ***.
Après M. D..., il y a encore une marge considérable. Pure allégation! simple éventualité! s’écrie mon honorable adversaire! Comment? allégation! éventualité! Mais M. D... en est convenu dans l’interrogatoire qu’il a subi à Paris, et dont le texte est sous les yeux du tribunal de Châteauroux. M. D... a été obligé d’avouer qu’il n’a été que le prête-nom de M. B..., qu’il allait être payé, que s’il ne l’était pas encore, c’est que probablement M. B... avait intérêt à ce retard.
Le procès se fait sous son nom, mais il n’y porte aucune préoccupation personnelle, et c’est à peine s’il s’est exactement informé des progrès de la procédure.