Tout l’auditoire était sous le coup d’une vive émotion.

Me M..., avec cette parole toujours grave d’un maître du barreau, s’est constamment attaché à resserrer son procès sur le terrain du droit, pour mieux le dégager de l’impression produite par la brillante plaidoirie que l’on venait d’entendre.

Le barreau de Châteauroux a pris sa belle part dans cette lutte oratoire; Me Moreau, son bâtonnier, plaidant pour un intérêt analogue à celui de mademoiselle C..., a résolûment abordé les principes et les a exposés avec la science et la force de logique qui le distinguent.

C’était une fortune que la rencontre de ces trois hommes de talent, et la population en conservera longtemps le souvenir.

Si notre réserve nous interdit de rien préjuger d’une cause mise en délibéré, nous devons constater que le public nombreux qui assistait aux débats confirmait, en sortant du palais, ce fait avancé par Me D..., qu’au lieu d’exciter les prodigalités de M. le comte de ***, sa cliente s’est toujours efforcée de les combattre.


COUR IMPÉRIALE DE BOURGES.
Note pour mademoiselle C..., contre M. D... saisissant; B..., intervenant.

§ Ier.
Question à juger.

MM. D... et B... reconnaissent que mademoiselle Céleste a en sa faveur le titre et la possession.

Mais ils prétendent que ce titre et cette possession ne sont qu’une apparence mensongère.