Si, d’après le cahier des charges, je n’ai pas trouvé d’acquéreur pour la vente tentée le 20 mai 1850, on ne peut pas l’attribuer à la mauvaise administration de la terre, mais aux circonstances malheureuses de cette époque. Quant aux biens que j’avais à cette date vendus en Berry, ils étaient éloignés du château d’une ou plusieurs lieues, et leur vente ne détruisait en rien l’ensemble de la terre.
Au moment où une seconde vente, faite par un abus de pouvoir à M. S..., est venue me ruiner, B... et D... prétendent que j’avais une dette chirographaire considérable. Ceci est encore faux. Ils doivent connaître ma position, puisqu’ils ont su trouver dans tous mes papiers les noms des divers fournisseurs auxquels je devais.—A quoi cela se monte-t-il? Un tailleur, 4,000 fr.; un bottier, 5 ou 600 fr.; un chapelier, 1,000 fr.; un chemisier, 3,000 fr.; enfin bref, 7 à 8,000 fr. Ajoutez à cela 7 à 8,000 fr. à un ami, M. de Saint-G..., restant d’une dette plus considérable, datant de longtemps.
Voilà donc 15 à 16,000 fr. de dettes chirographaires, qui devraient monter à 20,000 fr. en 1850.
Je le répète, M. B... doit savoir que ces chiffres sont exacts, puisqu’il est allé chez tous ces créanciers pour les engager à se joindre à lui dans les poursuites qu’il voulait faire.
Y a-t-il réussi? Non, parce que tous ont confiance en ma loyauté.
Tous les chiffres de M. B... sont donc erronés comme ses prétendues créances de 91,000 fr.
L’appartement de la rue de Joubert a été payé par moi 14,000 fr. à Monbro, tapissier, qui l’avait acheté 12,000 fr. à M. de Mackau; en le quittant, j’ai enlevé ce mobilier, dans lequel il y avait beaucoup d’objets auxquels je tenais par caprice ou par souvenir. Je ne l’ai quitté que parce que j’avais des idées de mariage en vue.
Je devais bien réellement 40,000 fr. à mademoiselle Céleste ou à sa famille. Quant à la dernière inscription de 20,000 fr. à mademoiselle Céleste, c’est un cadeau que j’ai voulu lui faire sans son aveu au moment de quitter le Berry et la France quelques jours plus tard. Quand mademoiselle Céleste bâtissait le Poinsonnet, quand, d’après ses instructions, je suivais ces travaux,—j’étais fermier de la chasse de la forêt de Châteauroux depuis mon arrivée en Berry,—et non du jour où elle acquérait ce terrain, non pas de plusieurs hectares, mais à peine d’un arpent. Ces messieurs ont déjà beaucoup rabattu de leurs appréciations.
Le château imaginaire que mes adversaires ont construit au Poinsonnet ne se trouve être, de leur propre aveu, qu’un simple pavillon de chasse, et le parc splendide de ce château un arpent de parterre.
Je le répète, si j’ai rompu le silence dans cette affaire, c’est que B... et D... m’y ont forcé. Dépouillé par eux depuis de longues années de sommes considérables, il est temps que je me révolte et que je repousse, par des faits et des chiffres, des allégations fausses.