»—Ah! s’écria la bonne femme, qui au fond n’a pas l’air méchant; vous oseriez provoquer mon fils pour une aventurière qu’il a trouvée je ne sais où!
»—Si vous ne le savez pas, vous, il doit le savoir, lui, puisqu’il y est allé; et puis, cette aventurière a porté son nom pendant sept ans, elle est la mère de son enfant et il doit la respecter s’il se respecte lui-même.
»S’il ne voulait pas l’épouser, il était libre, puisque sa conscience me paraît pleine d’élasticité; mais il devait faire quelque chose pour cette malheureuse en la quittant.
»Elle lui avait donné sept années de son amour, de sa jeunesse, on ne fait pas pareil présent trois fois dans sa vie et cela doit se payer.
»Du reste, on vous dit qu’il est trop tard pour la sauver, il n’y a donc rien à faire pour elle, mais il reste son enfant; le laisserez-vous aller à l’hospice comme un chien?
»Tenez! si vous faites cela, Dieu vous punira! et qui sait s’il ne commence pas en frappant votre fils.
»—Ah! monsieur, ne dites pas cela, s’écria la bonne femme en joignant les mains, vous me rendriez folle. Mon pauvre Édouard n’est pas méchant; il n’a même pas vu les dernières lettres de Louise, c’est moi qui les ai reçues, et reconnaissant l’écriture, je les ai brûlées sans les lire.
»Si j’avais su qu’elle fût aussi malheureuse, j’aurais été moi-même à Paris.
»Pauvre petite fille! si j’allais perdre mon fils, c’est tout ce qui me resterait de lui.
»Où demeure Louise? à Paris? je veux lui écrire, la supplier de me donner son enfant, le mien.