»J’en aurai bien soin, je l’aimerai de tout mon cœur pour expier mes torts envers sa mère.

»Tenez, vous aviez raison, le bon Dieu me punit et va peut-être me rendre le mal que j’ai fait à une autre. Qu’elle ne vienne pas, elle, vous entendez; mon Édouard est marié, mais qu’elle vous confie sa fille. Ah! si je pouvais aller à Paris! mais je dois rester ici.

»Je suis trop vieille pour souffrir autant; le moindre choc me brise, et si mon fils doit mourir demain, je voudrais mourir aujourd’hui.

»—Vous n’en avez plus le droit, lui dis-je, vous avez un autre enfant.

»Je rentrai chez moi pour vous écrire.

»Que voulez-vous faire?

»Puis-je vous être utile en quoi que ce soit? je suis tout à votre disposition.»

Je lus plusieurs fois cette lettre à Denise.

Elle me serra la main avec le peu de force qui lui restait, puis elle murmura:

—Il souffre... Cela me fait du bien de savoir qu’il n’avait pas reçu mes lettres. Que Dieu lui pardonne comme je lui pardonne le mal qu’il m’a fait! Il faut faire partir ma fille de suite. Je voudrais qu’il la vît au moins une fois.