Il s’opéra en moi une réaction terrible. Je tombai malade, si malade que je fus obligée d’interrompre mon service au théâtre.
Je quittai à la dix-huitième représentation.
M. D... vint me voir.
Il savait que je ne voulais plus reprendre mon rôle.
Il espérait me faire revenir sur cette détermination.
Il devint un de mes meilleurs amis et fut très-bon pour moi pendant cette maladie.
L’affection que je lui ai témoignée a prouvé que je ne le confondais pas avec d’autres.
Je me suis toujours très-effrayée des liaisons entre les auteurs et les actrices.
Il y a dans la vie de théâtre beaucoup d’écrivains consciencieux qui ne voient que les grands côtés de l’art, il y en a aussi malheureusement quelques-uns qui abusent de leur intelligence pour satisfaire les plus mauvais penchants.
Combien de jeunes gens, à l’esprit faux, se croient de grands hommes parce qu’ils tiennent une plume, et envient jusqu’à la haine ceux qu’ils ne peuvent atteindre! C’est un mélange de sentiments faux et injustes, révoltants.