Quelques-uns ont des mots particuliers; on dirait qu’ils parlent une langue à part.

Ainsi, pour exprimer qu’ils sont satisfaits d’eux-mêmes, ils disent:

«Suis-je assez à la prestance! hein? Enfonce-t-on les fils de famille! Les hommes du monde sont des daims! Il n’y a que nous qui soyons sur la ligne.»

Ils s’acharnent après les actrices, ils ne les quittent pas plus que leur ombre.

Leur grand moyen de séduction consiste à dire aux femmes de théâtre qu’elles seules sont les véritables grandes dames.

Ils vous font toutes sortes de misères. On les reçoit souvent parce qu’on ne peut pas faire autrement.

Ils ne veulent pas de femmes dans une position modeste.

C’est indigne d’eux; il leur faut les plus élégantes, les plus prodigues.

Cela leur coûte si peu, et ils sont si complaisants; mais si l’actrice, presque toujours courtisane, ne jette pas sous leurs pieds son manteau doré de luxe et de honte, si elle ne quitte pas tout pour les accompagner à l’estaminet, les regarder fumer leur pipe, ils méditent une vengeance.

Ils s’emparent d’elle, attendent derrière un rideau que le grand seigneur qu’elle trompe pour eux soit parti.