»Je viens d’être bien malade, j’ai eu peur de mourir, uniquement à cause de vous; je craignais de ne plus vous revoir.

»A vous ma vie! Puisse-t-elle être assez longue pour racheter le passé.»

En attendant, la route théâtrale que je suivais était si aride, que j’avais souvent envie de m’arrêter.

Je crois que, sans Page, j’aurais abandonné le théâtre.

Malheureusement, elle tomba subitement malade et quitta les Variétés.

Ma seule amie partie, l’ennui me prit plus fort que jamais.

Je cherchais une distraction dans mes ennuis mêmes; à force de répondre aux attaques dirigées contre moi par mes adversaires, de faire des notes sur ma vie, notes indispensables à mes procès, je finis par prendre goût à ce griffonnage.

Je me défendais mieux en écrivant qu’en parlant. J’apportais, en présence des injustices dont j’étais victime, une ardeur fébrile qui gagnait ceux qui s’intéressaient à moi.

Un moment pourtant, je crus encore une fois tout perdu; la ruse, le croirait-on, était du côté des hommes; rien ne les arrêtait, et je cherchais souvent dans ma pensée s’il n’y avait pas une cause mystérieuse à cette guerre acharnée, déloyale.

La haine semblait égarer la raison de ceux qui me poursuivaient.