J’ai dit qu’en mon absence, on était entré chez moi, qu’on avait ouvert mes meubles, compulsé mes papiers, mes lettres les plus intimes et pris tout ce qui semblait devoir être des armes contre moi.
Je déposai de nouvelles plaintes au parquet, mais la justice a tellement à faire qu’un instant je crus qu’elle s’arrêterait à moi.
J’étais sur le point de renoncer à tout, lorsque des attaques injurieuses dirigées contre Robert me rendirent toute mon énergie.
Il ne s’agissait que de mon argent; pour lui, il s’agissait de l’honneur.
On l’accusait d’avoir fait des actes frauduleux.
On disait que, prévoyant sa ruine, il m’avait prise pour son prête-nom.
Les procès recommencèrent, pendant trois mois les journaux ne s’occupèrent que de cette affaire et soudèrent ainsi publiquement au mien un nom honorable, et qui ne pouvait être déclassé parce qu’il s’était ruiné, et puis Robert était exilé et si malheureux qu’il avait déjà expié une partie de ses torts.
Je ne pouvais l’entendre insulter et je tâchais de me faire éloquente pour le défendre.
Je dois dire que si un ami, un parent l’avait secouru de quelque mille francs à cette époque, tout cela se serait arrangé sans mon intervention, et mon nom ne se serait pas trouvé à chaque instant uni au sien pour le flétrir.
Quelques lettres écrites par moi à Robert et saisies chez moi, avec des papiers qu’il m’avait laissés en partant, figurèrent aux procès; elles furent imprimées dans le Droit, et on me les contesta.