Cartahu, Mobile et le Faucheux, surexcités par l’eau-de-vie et par la danse, se livraient aux contorsions les plus excentriques; le bacchanal continuait, l’infatigable violon faisait merveille, le son devenait de plus en plus rapide, des gerbes de notes jaillissaient de son archet.

La persistante ronde s’élançait claire et précise au milieu de toutes ces modulations.

Meurice se leva sur son séant et retomba lourdement en poussant un long soupir et prononçant le nom de Constance.

Paul était raide comme un épileptique, les veines du cou et du front gonflées, les dents serrées et le regard fixe.

Les autres diggers poussaient des cris, hurlaient des chansons obscènes, et le violon forcené redoublait toujours de vitesse.

Tout à coup les cris cessèrent, les jambes plièrent et nos trois compagnons tombèrent comme des masses sans mouvement.

L’inconnu remit tranquillement son violon dans son sac de serge verte, regarda autour de lui, avala une gorgée d’eau-de-vie et resta immobile à contempler les dormeurs.

Nous partîmes, croyant qu’il n’y avait plus rien à voir, mais à peine fûmes-nous éloignés de quelques pas qu’il poussa des branches de sapin pour ranimer le feu.

Cartahu, Mobile et le Faucheux, complétement ivres, étaient tombés entrelacés, se tenant comme en dansant, les bras autour du cou les uns des autres.

Nous entendîmes le musicien dire: