XXX

L'EXPOSITION

Kersac et Jean étaient fatigués; ils dormirent tard le lendemain; lorsque le petit Roger fit dire à Jean de venir chez lui, Kersac dormait encore et Jean finissait de s'habiller. Il s'empressa de descendre près du pauvre malade, qui le reçut avec son doux et aimable sourire.

ROGER.

«Tu es rentré hier bien tard, Jean. T'es-tu bien amusé?

JEAN.

Beaucoup, monsieur Roger, ce qui n'empêche pas que j'ai souvent pensé à vous, et que j'aurais bien voulu pouvoir m'échapper et venir passer une heure ou deux avec vous.

ROGER.

Merci, mon bon Jean; raconte-moi ce que tu as fait.»

Jean raconta la farce en wagon de MM. Abel, Caïn et Seth et l'écrasement de la grosse petite dame rouge par Kersac, qui croyait la secourir. Puis l'histoire des saltimbanques, du marteau magique; la mésaventure de Jeannot, qui avait perdu trois francs en voulant gagner une pièce d'or. Il raconta le dîner, la leçon de danse, le bal et tout ce qui pouvait amuser Roger et le distraire un instant de ses souffrances. Le pauvre enfant souriait; il n'avait plus la force de rire. Il remerciait Jean du regard; dans les moments où il souffrait trop, il lui faisait signe de s'interrompre. Jean resta ainsi une heure avec lui; il retourna ensuite près de Kersac qui s'éveillait, et qui fut très honteux quand il sut qu'il était dix heures.