«Si vous voulez absolument donner, Monsieur, donnez à Mme Bonard ce que vous voulez me faire accepter et ce que je suis loin de mériter.
—Very well, my dear, répondait M. Georgey; moi porter à Madme Bonarde.»
Et il remettait en effet à Mme Bonard des sommes dont nous saurons plus tard le montant, car M. Georgey lui avait défendu d'en parler, surtout à Julien, qu'il aimait et qu'il voulait mettre à l'abri de la pauvreté.
«Il refusait, disait-il, et moi voulais pas lé abandonner sans fortune. Moi voulais Juliène manger des turkeys.»
Un jour il trouva Mme Bonard seule, pleurant au coin de son feu.
M. GEORGEY.—Quoi vous avez, povre Madme Bonarde? Pourquoi vous faisez des pleurements?
MADAME BONARD.—Ah! Monsieur, j'ai bien du chagrin! Je ne peux plus me contenir. Il faut que je pleure pour me soulager le coeur.
M. GEORGEY.—Pour quelle chose le coeur à vous était si grosse?
MADAME BONARD.—Parce que, Monsieur, mon mari et Frédéric ne peuvent plus se supporter depuis ce jour terrible où vous avez empêché un si grand malheur. Le père ne peut pas voir le fils sans qu'il se sente pris d'une colère qui devient de plus en plus violente. Et le fils a pris son père en aversion, sans pouvoir vaincre ce mauvais sentiment. Je suis dans une crainte continuelle de quelque scène épouvantable. Ce matin, ils ont eu un commencement de querelle, que j'ai arrêtée avec difficulté. Frédéric voulait s'engager comme soldat; le père lui disait qu'un voleur n'était pas digne d'être militaire. Ils se sont dit des choses terribles. J'ai heureusement pu les séparer en entraînant Frédéric; mais si une chose pareille se passait en mon absence, vous jugez de ce qui pourrait en arriver.»
L'Anglais ne répondit pas; il réfléchissait et la laissait pleurer... Tout à coup il se leva et se plaça devant elle les bras croisés.