MADAME BONARD.—Bien! tu es propre comme cela. La blouse n'est pas des plus neuves, mais tu en achèteras une à la foire prochaine.
JULIEN.—Et M. Bonard? Est-ce qu'il ne vient pas?
MADAME BONARD.—Il va nous rejoindre chez l'Anglais; il a été marchander un troupeau d'oies.»
Ils se mirent en route; Julien parlait peu, il était triste.
MADAME BONARD.—Qu'est-ce que tu as, mon Julien? Tu ne dis rien; tu es tout sérieux, comme qui dirait triste.
JULIEN.—Je ne crois pas, maîtresse, je n'ai rien qui me tourmente.
MADAME BONARD.—Tu es peut-être honteux de ta blouse?
JULIEN.—Pour ça non, maîtresse; elle est encore trop belle pour ce que je vaux et pour l'ouvrage que je fais chez vous.
MADAME BONARD.—Qu'est-ce que tu dis donc? Tu travailles du matin au soir; le premier levé, le dernier couché.
JULIEN.—Oui, maîtresse; mais quel est l'ouvrage que je fais? À quoi suis-je bon? À me promener toute la journée avec un troupeau de dindes? Ce n'est pas un travail, cela.