BOGINSKI—Boginski, Madame Bonbeck.
MADAME BONBECK.—A la bonne heure! Boginski! c'est un nom chrétien, au moins. Cozi.. ki! je ne vous appellerai pas souvent, vous. Et toi, Simplette, et toi, Innocent, allez-vous rester à tournoyer comme des toupies d'Allemagne? Que veux-tu faire, toi?
SIMPLICIE, timidement.—Ce que vous voudrez, ma tante.
MADAME BONBECK, l'imitant.—Ce que vous voudrez, ma tante… Sotte, va! Tâche d'avoir une volonté, sans quoi je t'en donnerai avec le fouet de l'amour des chiens et l'amour des chats.
Simplicie frémit et regarda sa tante avec terreur.
MADAME BONBECK.—Et toi. Innocent, n'as-tu pas une volonté?
INNOCENT.—Si, ma tante. Je veux entrer en pension.
MADAME BONBECK.—Pour quoi faire, imbécile? Pour crever d'ennui?
INNOCENT.—Je veux porter un uniforme comme Léonce qui est entré au collège Stanislas.
MADAME BONBECK.—Si c'est pour porter un uniforme, je te ferai recevoir dans les enfants de troupe, grand nigaud; tu aurais bien par-ci par-là quelques coups de fouet et tes camarades à tes trousses, mais tu courrais les champs et tu ne pâlirais pas sur ces diables de grec et de latin auxquels ils ne comprennent rien, quoi qu'ils en disent.