INNOCENT.—Papa veut bien que j'entre en pension, ma tante; et il ma dit que j'entrerais dans la pension des Jeunes savants.

MADAME BONBECK.—Ânes savants, tu veux dire, nigaud?

Innocent n'osa pas répliquer; Mme Bonbeck lui donna en riant une tape sur les reins, et s'assit dans un fauteuil. Elle interrogea les Polonais, qui lui racontèrent les aventures du voyage de Prudence et des enfants; elle rit à se pâmer; sa gaieté gagna, les Polonais et même les enfants.

—Je vois que vous êtes de bons enfants, dit-elle aux Polonais. Où demeurez-vous? que faites-vous?

BOGINSKI.—Nous n'avons pas de demeure et pas rien à faire.

MADAME BONBECK.—De quoi vivez-vous?

BOGINSKI.—Gouvernement donne un franc cinquante par jour.

MADAME BONBECK.—Mais c'est une horreur! Comment peut-on vous faire vivre avec si peu de chose? Écoutez-moi, mes amis; moi qui n'ai pas comme le gouvernement dix ou quinze mille Polonais à nourrir, Je vous offre une chambrette chez moi. Je ne suis pas riche, mais j'ai bon coeur, moi. Vous m'aiderez à faire marcher mon ménage et vous aiderez Croquemitaine. Est-ce entendu? cela vous convient-il?

BOGINSKI.—Mâme Bonbeck très bonne; mon camarade et moi très contents, très reconnaissants. Nous faire tout pour Marne Bonbeck et Marne Croquemitaine.

MADAME BONBECK.—Cest bien; suivez-moi tous, je vais vous établir chacun chez vous.