Sophie aperçut tout près du chemin une multitude de fraisiers chargés de fraises.

«Les belles fraises! s'écria-t-elle. Quel dommage de ne pas pouvoir les manger!»

Mme de Réan entendit l'exclamation, et, se retournant, elle lui défendit encore de s'arrêter.

Sophie soupira et regarda d'un air de regret les belles fraises dont elle avait si envie.

«Ne les regarde pas, lui dit Paul, et tu n'y penseras plus.»

SOPHIE.—C'est qu'elles sont si rouges, si belles, si mûres, elles doivent être si bonnes!

PAUL.—Plus tu les regarderas et plus tu en auras envie. Puisque ma tante t'a défendu de les cueillir, à quoi sert-il de les regarder?

SOPHIE.—J'ai envie d'en prendre seulement une: cela ne me retardera pas beaucoup. Reste avec moi, nous en mangerons ensemble.

PAUL.—Non, je ne veux pas désobéir à ma tante, et je ne veux pas être perdu dans la forêt.

SOPHIE.—Mais il n'y a pas de danger. Tu vois bien que c'est pour nous faire peur que maman l'a dit; nous saurions bien retrouver notre chemin si nous restions derrière.