Sophie ne fut pas punie de sa désobéissance. Sa maman pensa quelle l'avait été assez par la frayeur quelle avait eue, et quelle ne recommencerait pas.
XIV—La joue écorchée.
Sophie était colère; c'est un nouveau défaut dont nous n'avons pas encore parlé.
Un jour elle s'amusait à peindre un de ses petits cahiers d'images, pendant que son cousin Paul découpait des cartes pour en faire des paniers à salade, des tables et des bancs. Ils étaient tous deux assis à une petite table en face l'un de l'autre; Paul, en remuant les jambes, faisait remuer la table.
«Fais donc attention, lui dit Sophie d'un air impatienté; tu pousses la table, je ne peux pas peindre.»
Paul prit garde pendant quelques minutes, puis il oublia et recommença à faire trembler la table.
«Tu es insupportable, Paul! s'écria Sophie; je t'ai déjà dit que tu m'empêchais de peindre.»
PAUL.—Ah bah! pour les belles choses que tu fais, ce n'est pas la peine de se gêner.
SOPHIE.—Je sais très bien que tu ne te gênes jamais; mais, comme tu me gênes, je te prie de laisser tes jambes tranquilles.
PAUL, d'un air moqueur. —Mes jambes n'aiment pas à rester tranquilles, elles bougent malgré moi.