PAUL.—D'abord je ne fais pas de bêtises; ensuite je ne fais pas le sage. Tu dis cela parce que tu es furieuse de ne pas avoir les fruits confits.

SOPHIE.—Pas du tout, monsieur, je ne suis furieuse que contre vous, parce que vous me faites toujours gronder.

PAUL.—Même le jour où tu m'as si bien griffé?

Sophie, honteuse, rougit et se tut. Ils restèrent quelque temps sans se parler; Sophie aurait bien voulu demander pardon à Paul, mais l'amour-propre l'empêchait de parler la première. Paul, qui était très bon, n'en voulait plus à Sophie; mais il ne savait comment faire pour commencer la conversation. Enfin, il trouva un moyen très habile: il se balança sur sa chaise, et il se pencha tellement en arrière, qu'il tomba. Sophie accourut pour l'aider à se relever.

«Tu t'es fait mal, pauvre Paul?» lui dit-elle.

PAUL.—Non, AU CONTRAIRE.

SOPHIE, _riant.—_Ah! au contraire. C'est assez drôle, cela.

PAUL.—Oui! puisqu'en tombant j'ai fait finir notre querelle.

SOPHIE, l'embrassant. —Mon bon Paul, comme tu es bon! C'est donc exprès que tu es tombé? tu aurais pu te faire mal.

PAUL.—Non; comment veux-tu qu'on se fasse mal en tombant d'une chaise si basse? À présent que nous sommes amis, allons jouer.