Et ils partirent en courant. En traversant le salon, ils virent le paquet toujours ficelé. Paul entraîna Sophie, qui avait bien envie de s'arrêter, et ils n'y pensèrent plus.
Après le dîner, Mme de Réan appela les enfants.
«Nous allons enfin ouvrir le fameux paquet, dit-elle, et goûter à nos fruits confits. Paul, va me chercher un couteau pour couper la ficelle.» Paul partit comme un éclair et rentra presque au même instant, tenant un couteau, qu'il présenta à sa tante.
Mme de Réan coupa la ficelle, défit les papiers qui enveloppaient les fruits, et découvrit douze boîtes de fruits confits et de pâtes d'abricots.
«Goûtons-les pour voir s'ils sont bons, dit-elle en ouvrant une boîte. Prends-en deux, Sophie; choisis ceux que tu aimerais le mieux. Voici des poires, des prunes, des noix, des abricots, du cédrat, de l'angélique.»
Sophie hésita un peu; elle examinait lesquels étaient les plus gros; enfin elle se décida pour une poire et un abricot. Paul choisit une prune et de l'angélique. Quand tout le monde en eut pris, la maman ferma la boîte, encore à moitié pleine, la porta dans sa chambre et la posa sur le haut d'une étagère. Sophie l'avait suivie jusqu'à la porte.
En revenant, Mme de Réan dit à Sophie et à Paul qu'elle ne pourrait pas les mener promener, parce qu'elle devait faire une visite dans le voisinage.
«Amusez-vous pendant mon absence, mes enfants; promenez-vous, ou restez devant la maison, comme vous voudrez.»
Et, les embrassant, elle monta en voiture avec M. et Mme d'Aubert et M. de Réan.
Les enfants restèrent seuls et jouèrent longtemps devant la maison. Sophie parlait souvent de fruits confits.