MARGUERITE.—Quel bon déjeuner nous faisons! Ces écrevisses sont excellentes.

SOPHIE.—Et comme le pâté était bon!

CAMILLE.—La tourte est délicieuse!

MADELEINE.—J'ai une faim affreuse.

MADAME DE ROSBOURG.—Veux-tu encore un peu de vin pour faire passer ton déjeuner?

MARGUERITE.—Je veux bien, maman. À votre santé!

Tous les enfants demandèrent du vin et burent à la santé de leurs mamans. Le repas terminé, on fit dans la forêt une nouvelle promenade, et cette fois en compagnie de Sophie.

Nicaise et son fils déjeunèrent à leur tour pendant cette promenade, et rangèrent les restes du repas et de la vaisselle, qu'ils placèrent dans les paniers.

«Papa, dit le petit Nicaise, faut pas que mam'selle Camille ait le _bourri fainéant _de Mlle Sophie; mettons-lui sur le dos le bât aux provisions et mettons la selle sur le bourri noir: il n'est pas si méchant qu'il en a l'air; je le connais, c'est un bon bourri.

—Fais, mon garçon, fais comme tu l'entends.» Quand les enfants et leurs mamans revinrent, elles trouvèrent les ânes sellés, prêts à partir. Sophie se dirigeait vers son gris clair et fut surprise de lui voir le bât aux provisions. Nicaise lui expliqua que son garçon ne voulait pas que mam'selle Camille restât en arrière. «Mais c'était mon âne, et pas celui de Camille.